Le cannibalisme chez le hamster d’Alsace

Le cannibalisme chez le hamster d’Alsace
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Fin 2016, seulement 250 grands hamsters d’Europe sont encore recensés en Alsace. Le grand hamster d’Alsace est pour sa région un de ses indicateurs de biodiversité. Ce n’est qu’en cas de milieu de vie de bonne qualité qu’il peut prospérer. Le grand hamster d’Alsace a vu son déclin à cause des méthodes modernes d’agriculture et du développement de l’activité humaine.

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Vivant au milieu des champs de céréales et se nourrissant des légumineuses, il est donc la proie idéale des machines agricoles. Avec l’avènement des grandes parcelles, il est devenu aujourd’hui compliqué pour le hamster de pouvoir se mettre à couvert dans des parcelles qui seraient traitées à une autre période de l’année. A cela s’ajoute évidemment l’usage d’engrais chimique. Pour contrer ce déclin, a été mis en place des fermes d’élevage depuis une dizaine d’année : on voit apparaître l’élevage de grand hamster d’Alsace en semi-liberté en vue d’une réintroduction dans leur milieu naturel. Dans ce milieu est mis en place de nouvelles façons de gérer les cultures et on voit apparaître des tunnels permettant aux animaux de traverser les routes en toutes sécurité. Mais cela ne suffit pas. Il semblerait que les chercheurs aient trouvé une autre cause à l’extinction petit à petit de cette espèce : la monoculture.

La monoculture de maïs a des conséquences graves pour le grand hamster d’Alsace. Début 2017, des chercheurs ont mis à jour une forme de cannibalisme qui touche le hamster d’Europe, lequel est déjà très menacé.

La monoculture source de carence

Il a été démontré que les grands hamsters d’Alsace souffrent de carences notamment en vitamines, cela provoque le cannibalisme des nouveau-nés par leur mère. Souffrant de malnutrition, les mères présentent une carence en vitamine B3 ou niacine. L’étude a comparé un groupe d’individus avec un régime varié à base de blé, de trèfles ou encore de vers et un groupe avec un régime avec comme aliment unique le maïs. Les résultats sont sans appel, alors que le taux de reproduction n’est pas impacté celui de la survie de la portée est dramatiquement touché. Seul 5 % de la portée ont été sevrés et ont survécus contre 80 % pour ceux soumis au régime diversifié.

Les petits nés vivants ont été placés par leur mère au milieu du maïs, les mères ont montrés un détachement par rapport à leur progéniture, elles ont fini par les manger même encore vivants. A ce symptôme horrible, s’est ajouté celui de la « langue noire », connu des chiens qui souffrent de carence en vitamine B3. La langue est enflée et sombre. Cette même carence, appelée Pellagra dans ce cas, a décimé en Europe et en Amérique du Nord 3 millions de personnes entre le 18ème et le 20ème siècle provoquant diarrhée, eczéma et même de la démence. La cause du cannibalisme serait donc la carence provoquée par la monoculture qui induit une démence chez le hamster.

La solution à ce phénomène est donc indéniablement la diversification de l’alimentation du hamster.

Qu’en est-il pour nos hamsters domestiques ?

Ne vivant pas en milieu naturel, les hamsters domestiques ne devraient pas être confrontés à ce type problème. Il faut toutefois veiller à les nourrir convenablement et de manière variée. Il faut privilégier les apports en vitamines, au moyen de notamment de fruits.